carine raphaelle « Ouh là là ! Pas si vite mon garçon et pas si fort ! Les Anciens se méfient des humains. Les hommes font beaucoup de bruit et croient tout savoir. La plupart cherchent à nous écraser au lieu de nous écouter. Mais continuez à venir tous les jours. A côté du vieux. Tendez bien l’oreille et petit à petit, je vous raconterai. » Pierrot, très sérieux, hocha la tête. Il continua d’observer les fourmis jusqu’à ce que la dernière de la file ait disparu sous le buisson. Alors, pour la première fois, le vieux leva les yeux vers lui. Des yeux d'un bleu très pâle, délavé...Et, toujours en murmurant, il dit à Pierrot
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CHARLES

C’est l’histoire de Charles. De Juliette, de Victor et un peu de John aussi. C’est l’histoire d’un homme qui a grandi dans l’humiliation et que le sentiment de honte pousse à se terrer. Comment vivre avec le poids des errements de son père ? En 1980, Charles est journaliste. Il voudrait comprendre, pouvoir redresser la tête en se libérant d’un fardeau qui n’est pas le sien.  De rencontres en souvenirs, mêlés de révélations surprenantes, Charles part en quête de lui-même et de l’acceptation.

Pour commander le livre, rendez-vous sur  http://www.leseditionsdunet.com/roman/4311-charles-christian-darraux-et-carine-raphaelle-9782312044989.html

ils ne vont pas tarder
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ILS NE VONT PAS TARDER

Nouvelles

La p’tite vieille au sac à main jaune, le grand blond, Marcel, l’étudiant, Tatiana, la p’tite boulotte, le conducteur de Porsche, la contractuelle, la fille aux yeux dorés, Camille, le cycliste… autant de solitudes à la fois ordinaires et singulières, de rencontres ou de non rencontres...

 

 

Toujours à l'heure la p'tite vieille au sac à main. Jaune. Il est jaune fluo son sac à main. C'est pour ça que je l'ai r'marquée cette vieille-là. Parce que des p'tites vieilles à sac à main y en a plein. Même à 7h37. Elle, elle descend du bus juste en face de moi. Je vois bien qu'elle a peur de tomber. Un jour, le grand blond à boucle d'oreille l'a bousculée. Il s'est excusé en la rattrapant par le bras. Avant elle avait peur de lui, maintenant, elle lui sourit. Tiens d'ailleurs, il est pas là le blond aujourd'hui ! Bizarre pour un lundi. Heureusement y a Marcel. Je l'appelle Marcel parce que c'est écrit sur son t-shirt. Marcel, c'est mon refrain. Il passe et repasse toute la journée. Des fois il marche en balançant un truc qui r'ssemble à un chien au bout d'une laisse ; des fois il rit avec un copain. Et des fois il rêve, Marcel. Un jour, il rêvait tellement qu'il s'est cogné contre le platane. Le seul platane du coin ! Si j'avais pu rire j'm'en s'rais pas privée. Mais bon, c'est pas dans mes attributions...

17 juin 00h30

     J'avais juré de ne plus écrire. Jusqu'à ce soir, cette nuit, ce matin. Ce  moment d’entre deux jours, d’entre deux vies. Enfin déliée de mon serment je peux retrouver le chemin des mots. Je le veux mais, ils me fuient. Vengeance de les avoir abandonnés ? Peut-être. Je dois les ré-apprivoiser. Et puis j'ai le temps. Je n'ai pas sommeil. Est-ce qu'on peut avoir sommeil quand la lune sourit ?

 

17 juin 1h00

     Je viens de boire un grand café. Accoudée au balcon, j'ai écouté la nuit : sirène d'ambulance, rires amoureux, notes évanouies d'accordéon, ronronnements de moto et miaulements sous les toits.

Même les bruits ont une autre couleur. Je sens la chaleur revenir...J'ai eu si froid …

Camille respire. Respire. Encore. Jusqu'à se noyer d'iode et d'embruns, jusqu'à sentir le picotement de ses poumons dépaysés. Elle laisse ses joues, ses lèvres, ses yeux, tout son être se brûler de soleil et de bleu. Mains glissées sous le sable chaud, les frissons l’engourdissent de plaisir. Elle avait besoin de revenir ici. De se gorger des couleurs et des odeurs. Allongée, la nuque calée contre son blouson, ses pensées s’envolent.

charles
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CHARLES

Roman

C’est l’histoire de Charles. De Juliette, de Victor et un peu de John aussi. C’est l’histoire d’un homme qui a grandi dans l’humiliation et que le sentiment de honte pousse à se terrer. Comment vivre avec le poids des errements de son père ? Comment se construire lorsqu’on est fils de collabo ? En 1980, Charles est journaliste. Il voudrait comprendre, pouvoir redresser la tête en se libérant d’un fardeau qui n’est pas le sien. L’infarctus de son père va lui permettre enfin de dissiper le brouillard. De rencontres en souvenirs, mêlés de révélations surprenantes, Charles part en quête de lui-même et de l’acceptation.

Elle se serre contre John, boit l’odeur de son cou, frémit des murmures délicats qui caressent son oreille. La vie est une merveille, John son plus beau cadeau. Elle se laisse entrainer hors de la guinguette, à l’abri de la nature où son prince leur installe un doux nid de verdure. Allongée dans l’herbe, la tête reposée sur la veste de John, elle rougit un peu tandis qu’il se penche vers elle. Sa poitrine palpite. Tous deux s’observent un long moment, s’apprenant dans le présent pour ne rien oublier, pour fixer cet instant à l’entrée du chemin. Lentement, les mains se font vagabondes et les caresses plus fermes. Les souffles s’accélèrent, les peaux se cherchent. Juliette n’a pas peur, elle s’abandonne au rêve.

La nuit enveloppait la rue des Abbesses, presque tendrement. Estelle aimait ce moment où elle attendait le retour de Charles dans la tiédeur de leur appartement. Un plancher de chêne bavard craquait sous l’épais tapis du salon. En cette fin d’automne 1980, il murmurait les souvenirs de plusieurs générations, faisant écho parfois aux portes fatiguées du buffet Henri II. Sentinelle familiale soumise au chaos trépidant des enfants, le vieux meuble supportait dignement un ensemble hétéroclite de statuettes et bibelots dignes d’un cabinet de curiosités. Cadeaux, trouvailles d’amis chineurs ou fouilleurs de catacombes, souvenirs de voyage et mascottes de reportages débordaient, pour se nicher dans le moindre espace vacant, comme autant de clins d’œil rassurants.

« Charles. Tu devrais laisser une chance à ton père.
- Une chance ? Pourquoi ? Parce qu’il va mourir ? Tu crois qu’il y pensait, lui, quand il a choisi son camp et laissé crever tous ces gens ?
- Il a peut-être des regrets.
- Ah oui ! Et j’espère bien ! Mais j’ai autre chose à faire que d’écouter ses jérémiades. C’est bien facile maint’nant ! Mais c’est trop tard.
- Tu étais si jeune à l’époque. Nous étions si jeunes. Cela n’excuse rien bien sûr mais peut-être que l’écouter t’apporterait des réponses.
- Si tu savais combien de fois j’ai imaginé mon père mourant en héros dans le maquis ! Au lieu de cela je suis le fils d’un traitre grabataire qui fait semblant de s’intéresser à nous.
- Là tu es injuste Charles.
- C’est la vie qui est injuste. On ne choisit pas son père. Et je ne suis pas obligé de l’aimer. »

 

résonances
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Résonances

Poèmes

Recueil-symphonie. Orchestration d'images en quatre mouvements. Alors que le premier laisse résonner les voix du moi qui se cherche, englué dans la souffrance et les doutes, le second, plus lent, permet une respiration, dans la douceur du sensuel qui aide à rester vivant. Plus vif, plus engagé, le troisième mouvement réveille le moi dans ses colères, observe, témoigne et rétablit le lien à l’autre. L’énergie retrouvée, le final laisse alors libre-cours à la confiance et à l’acceptation, à l’élan lumineux qui élargit l’écho à la conscience du monde.

J'ai sondé les abîmes qui échappent au soleil
longé les crêtes écorchées
aspiré par les ombres de ces autres moi-mêmes
dont les pas tambourinent aux portes de l'inconscient.

J'ai sillonné les villes dans leurs gangues purulentes
enjambé les crevasses et les arbres renversés
brûlé de solitude dans la marée immonde
des sarcasmes mercantiles de tous les aveuglés.

J'ai agrippé la terre pour redresser la tête
jeté mes yeux au ciel pour me tenir debout
appris la langue muette de ces enfants devins
celle qui rend invisible quand les autres sont fous.

Laisse-moi cueillir les songes à l'entrée de la nuit
il est un rêve un seul dont je veux mordre le fruit.
Laisse-moi de ma bouche déshabiller ses mains
et courir de mon souffle sur sa peau de satin
me perdre à la lumière de ses yeux dans le noir
puis mourir à ses lèvres dans le brasier d'un soir.

C'était il y a longtemps
Avant que le calame
Fasse naître le monde.
Dans la cour des visages
Peuplée de diphonies
Les mains se regardaient
Les esprits s'écoutaient.
Les fresques étaient de songe
Se jouant du futur
Goûtant la déraison
Qui panse les idées sombres.
L'être ne savait pas
Ce qu'il portait d'humain
Il déchiffrait la terre
En s'abreuvant d'étoiles.
Tous ses gestes étaient simples
Tous ses gestes étaient forts
Quelques mots s'échappaient
De sa gorge innocente
Des sons qui caressaient
Ou des sons qui criaient
Fermant les cicatrices
Avant d'être blessures.
Il savait les mystères
Il respirait le ciel
Son sang était d'eau vive
Il épousait les pierres
L'harmonie de l'instinct
Donnait rythme à son pas.

laurette
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LAURETTE

Roman

Elle a chanté, elle a aimé. Et elle a failli en mourir. Alors Laurette a raccroché sa guitare. A l’abri des collines du Tarn, reconvertie en ébéniste audacieuse, elle a patiemment reconstruit sa vie. A trente-cinq ans, elle cultive avec détermination le bonheur de l’instant et chasse tout ce qui risque à nouveau de perturber son équilibre. Jusqu’à cette semaine de juin  où l’imprévu ressurgit avec force, pour reprendre ses droits. L’imprévu s’appelle Alex. Il a vingt ans et vient de braquer une banque. Il ne sera pas l’amoureux. Pourtant…

« Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi vous faites tout ça ? »
Laurette soupira :
« Franchement ? Franchement j’en sais rien. Je ne sais pas ce qui m’a pris. En plus, j’invite rarement du monde chez moi.
- N’importe qui aurait appelé les flics. Surtout en sachant pour le flingue… »
Elle haussa les épaules sans répondre. Les bruits du jardin remplirent un instant le silence. Elle ne parvenait pas à se sentir en danger. Elle demanda quand même :

« Vous êtes dangereux ? »
Une tristesse immense voila les yeux du jeune homme :
« Ça peut. »
Deux mots, presque chuchotés. Sans menace. Juste la souffrance à fleur de regard. Une souffrance bleue. Intense.
« Alors peut-être que je suis inconsciente. »
Elle marqua une pause avant d’ajouter :
« C’est à cause de vos yeux je crois. De votre regard plutôt. »
Alex se leva brusquement :
« J’vous fais pitié c’est ça ? Ou alors vous m’draguez ? Parce que si j’vous fais pas peur y a bien une explication, non ? J’vous baise tout de suite ou on picole avant ? »

Laurette se sentait plus légère d’avoir pu partager. Elle partit en quête d’Alex. Henri ne l’avait pas vu de la journée. Elle monta au petit bureau et, sans savoir pourquoi, se sentit soulagée en avisant le clic-clac en bataille et le pull noir qui traînait par terre. Peut-être aurait-elle été tout simplement déçue qu’il s’envole sans lui dire au revoir ? Elle décida d’aller vérifier si le vélo était à sa place dans la remise attenante au pignon de la maison. Elle passa sous la treille de vigne dont le cep, solidement enraciné, devait avoir plus de vingt ans. La porte vermoulue ne tenait plus que par miracle. Laurette la poussa délicatement, faisant un peu racler le bois sur le sol de terre battue. Le vélo n’avait pas bougé. Mais elle dut se retenir pour ne pas hurler.

Elle reprit plus lentement sa marche, à pas mesurés, s’obligeant à respirer. Elle s’arrêta de nouveau pour examiner son reflet dans une vitrine, tenta sans succès de glisser une ou deux mèches rebelles dans sa queue de cheval puis dénoua l’élastique. La masse claire rendue à sa liberté se déploya aussitôt. Dans quelques mètres, elle serait arrivée. Elle ne savait pas vraiment où finalement. Est-ce qu’une secrétaire manucurée trônerait derrière un bureau d’accueil ? Elle se reprit, secouant la tête. Pas de SI. Ne pas réfléchir. Seulement se laisser aller. Elle observa néanmoins l’espace autour d’elle, pour fixer chaque image du moment. Aux façades cossues des bords de canaux, succédèrent bientôt de petites rues bordées d’immeubles bas, ceinturés de balcons et de verdure. Elle se perdit un instant dans ce qui ressemblait à un dédale, avant de déboucher sur Wilhelminastraat : un alignement de devantures en briques aux ouvertures blanches, des lampadaires et des bancs servant de points d’amarrage aux vélos, des voitures en stationnement et une circulation à sens unique. Elle n’avait plus que la rue à traverser. Un instant presque irréel, suspendu. Instant après lequel, sa vie ne serait plus comme avant. Elle perçut le chant d’un oiseau avant qu’une moto ne vrombisse sous son nez. Elle serra très fort le petit papier caché au creux de sa poche puis, s’engagea sur la chaussée.

on m'appelle lili puce
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On m'appelle Lili Puce

Roman jeunesse

Dans son village du Périgord Noir, tout le monde connaît Lili-Puce. Espiègle et pétillante, elle mène une vie insouciante, pleine de soleil. C’est lors d’un week-end prolongé qu’elle fait la connaissance d’Elisa. Les deux petites filles, que tout semble opposer d’abord, vont découvrir un secret bouleversant, qui les mènera bien loin de leurs existences respectives et les aidera à grandir.

     Je suis heureuse, surtout au Printemps. Je respire le Printemps à pleins poumons. Je l’avale, je l’absorbe de toutes mes forces. Je connais toutes ses odeurs. Non pas que je sois capable de les nommer mais je les reconnais, comme des membres de ma famille. Maman sent le chèvrefeuille – c’est écrit sur son flacon à la salle de bains. Papa sent souvent l’huile de moteur – il adore la mécanique. Le Printemps sent le chez-moi. J’entre dans le Printemps comme dans une vieille paire de baskets confortables.

15h00 : entrée du tunnel.
Je passe la première et franchis courageusement les premiers mètres. Le passage me force à ralentir. Il fait de plus en plus sombre. Mes coudes frôlent les parois. Je n’entends que la respiration d’Elisa et les battements de mon cœur. Et si nous faisions une énorme bêtise ? Je m’arrête brutalement.
« Aïe !» C’est Elisa. Elle s’est cognée contre mon sac à dos.
Je chuchote :
« On est peut-être un peu loin, non ?
- Tu crois ? C’est vrai qu’il fait plus froid…
- Et plus noir. Nos lampes n’éclairent pas bien.
- Tu veux déjà faire demi-tour ?
- Non, mais…
- S’il te plaît Alice ! C’est ma première aventure !»

 

     J'aurais voulu te dire les flaques de soleil quand elles inondent les trottoirs, les montagnes qui chantent, le ciel qui tombe dans la mer. J'aurais voulu te jouer les notes de mon pays, la brise dans les arbres, le rire des enfants, te décrire la maison construite pour t'accueillir... mais tout a sombré Denise. Le Chili s'est teinté de sang et de gris. Les gens avancent comme des automates tremblants. Je n'ai pas revu mon père. Nous pensons qu'il a été arrêté.

coucou les gens !
Extrait 1 Extrait 2

Coucou les gens !

Théâtre - Petite pièce pour beaucoup d'enfants

Poule 1 (ensommeillée)
Oh là là ! Déjà !

Poule 2
Et oui ma cocotte ! Nous avons des œufs à pondre !

Poule 3
J’ai faim de graines, moi !

Poule 4
Une faim de loup !

Poules 1, 2, 3 ensemble
Aaah ! Non ! Pas le loup !

Poule 4
Elle se met à rire.

Poule 5
C’est pas drôle les poulettes ! J’ai fait un de ces cauchemars !

Poule 6 (rêveuse)
Huumm…moi j’étais bien… j’ai rêvé que nous partions en voyage…

 

Oiseau O
Moi je voudrais voir les gens.

Tous les autres oiseaux ensemble
Les gens ?

Oiseau
Tu veux dire avec des bras et des jambes ?

Oiseau O
Ben oui ! Les p’tits, les grands, les gros, les maigres…

Oiseau
Ceux qui râlent et ceux qui rient

Oiseau
Ceux qui dansent

Oiseau
Les pressés

Oiseau
Les fatigués

Oiseau
Ceux qui chantent et ceux qui s’aiment

Oiseau
Ceux qui se gratouillent et ceux qui… oh ! Regardez !

Tous les personnages s’avancent sur la scène. Ils ont tous la main en visière. Les rangs se resserrent et se rapprochent du public…

Oiseau
En voilà des gens !

Oiseau
Oui, plein de gens !

Tous les oiseaux ensemble
Coucou les gens !

 

théâtre d'enfants
Extrait 1 Extrait 2 Extrait 3

Théâtre d'enfants

Eveil à la scène

Créations et adaptations imaginées avec des enfants, à partir de contes ou d'improvisations.

Penka et l’affreux sorcier

 

Dans une caverne de la montagne, là où planent les brumes grisâtres qui apportent la pluie aux bois de la vallée, vivait depuis des temps immémoriaux, un sorcier très mauvais.

     Les Indiens en avaient peur parce qu’il était acoquiné avec les mauvais esprits – les goualiris- et, quand il lui en prenait envie, il les envoyait dans les villages pour qu’ils y portent soit une maladie incurable, soit une mauvaise récolte, soit la déveine à la chasse.

     Dans ces conditions, les villageois, cela se comprend, apportaient au sorcier, dans la montagne, tout ce qu’ils avaient de meilleur : pourtant, un jour, il ne s’en contenta pas…

 

=>Adaptation scénique du conte initial et 4 variations imaginées par des enfants de 11 ans.

Conte Maya

 

Il y a bien longtemps, tout était nuit, et les hommes étaient tristes. Les dieux se réunirent et décidèrent d'enlever le toit de la nuit, mais les hommes furent aveuglés et perdirent tout repos. Le soleil leur faisait mal car à l'époque ils étaient encore tous des hommes chauve-souris. Les dieux choisirent alors de remettre en place le toit de la nuit le temps de réfléchir à une nouvelle solution. Leur réflexion dura fort longtemps, et pendant ce temps les hommes chauve-souris apprirent à marcher et à se repérer dans la nuit…

=> Adaptation avec théâtre d’ombres, récitants et percussions avec des enfants de 5 à 7 ans.

Le Prince-ogre

 

TABLEAU 5 : LE BAIN DE L’OGRE

Au château, baignoire, canard en plastique…

L’Ogre , la servante , les deux frères dont on aperçoit juste la tête sortant des coulisses

 

L’Ogre (Il chante)

Ah qu’on est bien quand on est dans son bain…On fait des grosses bulles, on joue au sous-marin…

 

La servante lui frotte le dos…il siffle…on voit les frères, en fond de scène, qui s’avancent à quatre pattes…

 

L’Ogre

Frotte bien Marguerite… avec plus de boue !

La servante (Le frottant avec une grosse brosse)

Oui maître…

L’Ogre

Plus de boue ! Encore ! mmm…j’adore…

 

2ème frère (à part)

Hein quoi ? De la boue ?

1er frère (à part)

Beurk !

2ème frère(à part)

Mais qu’est-ce qu’il a sur le dos ?

 

L’Ogre

Frotte Marguerite, frotte ! Toutes mes écailles doivent disparaître.

 

Les frères(ensemble- à part)

 Des écailles !

 

= > Une histoire imaginée par des enfants de 5 à 8 ans, construite à partir de scènes d’improvisation.

textes en cours
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Textes en cours

Textes en cours...

 ...

Nouvelle

 

Un peu plus loin devant, un peu en arrière aussi, quelques silhouettes s’égrènent au rythme du sentier. Une colonne discontinue dont les souffles épousent le crissement des graviers, cherchent l’équilibre en déjouant les aspérités. Quelque part dans la file, Nam-kha se laisse guider par la rigole asséchée qui a creusé la voie entre les rochers ; une succession de hautes dents noires et crénelées dont certaines faces éclaboussent le ciel de leur brillance arrogante. Il ne veut pas penser à la fatigue. Cela viendra plus tard. Il ne veut pas penser tout court. Car Nam-kha le sait, il risque la mort. Ou pire : le bannissement. L’enfermement dans la ville fantôme où l’agonie dure en moyenne deux ans.

Alors il se concentre sur sa respiration. Sur ses pieds qui obéissent et s’accrochent à la montagne. Et peu à peu, les ondes d’une rumeur se dessinent, bruit dilué d’aquarelle dans le cœur de la brume. Les murmures se découpent, se colorent de voix.

 

 

  

Chanson

 

Encore un lundi sur la plage


Encore un lundi sur la plage
Pas plus de soleil que de vent
Le ciel sommeille couleur de sel
Les vagues lavent les vies d’avant


Alors tu guettes la lumière
Le cerf-volant sur le fond blanc
Et puis l’enfant qui court derrière
Agrippant la ficelle du temps.


Il te paraît si loin déjà
Tandis qu’il cogne sous ta peau
Scande les heures du passage
Sans jamais savoir où il va.

 

Tu entends ses rires doux et  fous
Que tu voudrais tant retenir
Ceux qui se moquent du froid, des doutes
Comme des fantômes de l’avenir.


Alors tu guettes la lumière
Le cerf-volant sur le fond blanc
Et puis l’enfant qui court derrière
Agrippant la ficelle du temps.

 

Les pieds mouillés tu apprivoises
Le ressac des quarante années
Au large tangue la boussole
Que tu abandonnes aux marées.


Tu t’accroches à l’instant présent
A tout ce qu’aujourd’hui tu crois
Rassuré par tes écorchures
Le sable s’enfuit dessous tes doigts.


Encore un lundi sur la plage
Pas plus de soleil que de vent
Le ciel sommeille couleur de sel
Les vagues lavent les vies d’avant


Alors tu guettes la lumière
Le cerf-volant sur le fond blanc
Et puis l’enfant qui court derrière
Agrippant la ficelle du temps.

 

 

Conte

 

Au sommet de la Montagne Blanche, là-haut, si haut qu’on les disait perchés sur le toit du Monde, vivaient deux enfants. On ne savait ni leur âge ni comment ils étaient nés. On disait qu'ils sautaient de nuage en nuage et fabriquaient les rêves qui consolent les enfants tristes. L’été, les bergers menaient leurs troupeaux très loin pour tenter de les apercevoir. Appuyés sur leurs bâtons, ils gravissaient les sentiers escarpés qui conduisent à la lisière du ciel. Et l’hiver, ils s’installaient au coin des cheminées, pour raconter. Les enfants du village, qui commençaient juste à apprendre la montagne, venaient se blottir sur les genoux des vieux bergers. Ou bien ils s’asseyaient par terre, juste à leur pied. Ils écoutaient les histoires en tressant des paniers. Des histoires qui parlaient d’ombres dansantes sur la neige, d’étoiles bleues et de chansons. Des chansons très douces, comme des plumes dans la nuit.

1971 - au début

1971 - Au début

La Courneuve avant Paris

Périgord Montagne Italie

Des histoires et des chansons

Ciné, pub, théâtre, violon

Du chant des livres et du piano

Les premiers pas, les premiers mots

1993 - sur le chemin

1993 - Sur le Chemin

Des livres, des enfants, des ados.

Les mots des autres et les miens qui mijotent.

Lecture, écriture, traitement de la difficulté scolaire, intégration de jeunes en situation de handicap, projets artistiques et culturels...

C’est le temps de l’enseignement, l'envie de transmettre à mon tour.

 

LES ECRITS VAINS n'existent pas

Poésie musicale

Pour la sortie du second morceau des Ecrits Vains : Mise en voix et en musique du poème de Boris Vian, "Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale".

 

Poésie musicale... Les mots sont aussi des sons et vos compos unissent les sons des mots et des émotions en révélant le sens, enfin, un sens, le vôtre. Parce ce que ce qui fait la richesse et l'intérêt d'un texte, au-delà de l'émotionnel et de la résonance intérieure, c'est pour moi la pluralité des lectures que l'on peut en faire, selon le point de vue que l'on adopte et/ou la tonalité qu'on lui confère. Chaque texte porte tout cela en lui-même mais la densité vient de l'éventail des voyages proposés.

Si je lis le texte de Vian, sans me soucier de la

dimension autobiographique, je peux être emportée par la gravité du sujet traité, par les contrastes et le balayage des différents aspects de la mort (physique, psychologique, idéologique...). La mort physique résultant de la maladie est inévitablement liée à la souffrance physique, au corps dépossédé de lui-même que d'autres s'approprient, d'où les métaphores animales dévorantes... Le « Je » prend une dimension universelle, sa dimension universelle de voix du poète quand il est associé au « on » et à la méchanceté, à ces autres façons de mourir que l'on pourrait éviter. Mourir physiquement et malheureusement souvent dans la souffrance, c'est le lot de chacun. C'est dur, on peut avoir besoin de l'exprimer mais ce n'est pas si grave... Mourir tout en étant vivant car le réel est insupportable est d'une toute autre dimension.

Si je lis ce même texte , avec à l'esprit l'homme et l'artiste tel qu'il se définissait à travers ses textes et ses actes, avec l'idée de sa souffrance physique, curieusement, tout en restant profonds, les mots se parent d'une distance un peu grinçante et espiègle. Un pied de nez à la mort avec l'idée que l'on est bien peu de chose au regard de l'humanité tout entière, un regard moqueur vis à vis de ceux qui font un tout de leur propre mort. Il ne s'agit pas de conférer à sa mort plus d'intérêt que ce qu'elle mérite, sinon on en oublie la vie. J'aime votre proposition car le ton que j'y trouve est plus tendu vers la seconde lecture, ce qui pousse à dépasser un premier degré. Votre composition révèle, c'est à dire qu'elle soulève le voile.

 

La musique, à laquelle je trouve un côté aérien, presque enjoué, unie à la chaleur de la voix, met en avant pour moi cette réflexion sur le grave et le dérisoire, invite à réfléchir. Les voix en écho participent de cette dimension, comme les silences ou les respirations. Des ruptures de rythme et de tonalité naît l'intensité qui sert le texte et nous emmène. C'est particulièrement fort au moment des « larmes plein les mains ». Vous avez réussi à créer une toute autre couleur que celle de Prévert, en déjouant l'attendu.

 

Vivement le prochain...

AMAO

Voyage sonore

Mots d'un instant magique, un été, à Sarlat...

 

RENCONTRES

 

Pavé moite

La forêt s'invite sous le passage des tongs.

Les odeurs de la ville s'accrochent encore

Mais il est l'heure pour les pierres de se mettre à danser.

Les regards se remplissent ouvrant un nouveau livre

Les enfants cessent de pleurer.

Les ombres ralentissent et se prêtent au voyage

Les peaux chantent

Les arbres poussent

Tous les yeux sont verts.

Rencontres de l'improbable et de l'imaginé

La rue est une rivière qui se met à vibrer.

Cyril CLAIR

Peintre

 Espiègle ou mystérieuse, une peinture vibrante et vivante, qui raconte, réinvente, emporte dans les secrets, effleure le commencement.

Vincent CHERIB

Photographe

Dans les pas de la lumière, Vincent redonne vie au cassé. De ses kaléidoscopes, mosaïques féériques au parfum d'enfance, se tisse l'intemporel, surgit l'émerveillement.

Christophe CARRIERE

Sculpteur

Pour Christophe Carrière.

Texte inspiré par la découverte de son travail, qui continue de m'émouvoir.

 

Fer la Mémoire

 

Il dit le temps

Encre rouillée

Tous ses silences et ses oublis

Guide coryphée du présent funambule

Ses mains racontent hier

et dansent la voix des hommes.

C'est l'empreinte d'un sourire

Suspendue aux nuages

Envol oxygène

Ailes fragiles du regard

Songeur de sens

Comme l'œil du ciel tisse une histoire

Fer la Mémoire

 

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